A la sortie de la salle c’est le drame. Le petit Lurker voit triple et flou. Ses pas sont lourds et ses mains tremblotent. L’œil mouillé, il réalise que le monde ne sera plus jamais comme avant. Il lui faudra plusieurs jours pour se souvenir de ce qu’il s’était passé. Le sentiment de vide se dissipa pour laisser place à la colère. « Plus jamais ça ! » se dit il. Désireux, comme beaucoup d’autres, de répandre la bonne parole il décida de trouver un lieu poussiéreux et sentant le moisi pour y déverser son bouzin et accessoirement d’aérer un peu histoire de faire son nid.

 

 

Voici donc ses impressions.

 

Grossièrement le film peut se diviser en trois parties. Tout d’abord la présentation de la vie de Goku, puis la quête des « Boll » de cristal et enfin le combat final. N’allez surtout pas croire que cette division est faite de manière équitable. On parlera plutôt d’un rapport de 30% pour le passage à l’école, puis 68% de quête et seulement 2% de combat ce qui est un comble pour une adaptation de ce manga.

 

 

 

 

One Tree Hill

 

Fondamentalement cette partie se passant chez Gohan puis au lycée est certainement la moins mal foutue.  Les codes du Teenage movie sont ici recyclés sans imagination comme on pouvait déjà les voir dans American Pie mais le film sait où il va (pour le moment). Goku nous est présenté comme un ado avec de gros problèmes de confiance en soi. Il est victime de tous les stéréotypes connus de ce genre de personnage comme la victimisation par les mecs de l’équipe de foot et l’amour impossible entre lui et la plus belle fille de la classe. Les scènes ridicules s’enchaînent comme Chichi en train de manger une fraise dans un champ et Goku se tortillant sur sa chaise comme s’il avait des problèmes gastriques. On découvre aussi que la vague kikoho qui sert désormais à ouvrir les casiers bloqués. Si le « héros » nous est présenté comme un nerd, il n’en a pas du tout le physique ni l’attitude. Il lui faudra d’ailleurs moins de dix minutes pour se dire « Pitin mais j’ai des pouvoirs ! Je vais leur marave la tête à ces noobs. ». La question est pourquoi ne l’a t’il pas fait avant ? Après leur avoir éclaté la tronche sur leurs grosses bagnoles tunnées, il se retrouve enfin avec Chichi à deux doigts de l’embrasser mais malheur ! La pleine lune apparaît et Goku se transforme en singe ! ..... Fake !  Il a seulement le pressentiment que Gohan est en danger et laisse Chichi sur place. Ainsi s’achève l’entrée en matière de cette daube.

 

Ce que l’otaque n’aimera pas :

-         Goku vit encore avec son grand père alors qu’il à 18 ans

-         Piccolo en costume de Batman

-         Mai le pot de fleur

-         Le Ki vaporeux

-         Les prémonitions de Goku utilisées pour faire avancer l’histoire artificiellement

-         L’atmosphère générale typée Teen movie

-         Goku

-         La mort de Gohan oscillant entre le ridicule et la constipation

 

Ce que le cinéphile n’aimera pas :

-         Le montage qui ferait honte à MTV

-         Le scénario nébuleux (c’est qui Goku ? Pourquoi son grand père est asiatique alors que lui est un américain pur souche ? Piccolo il vient d’où ? ça se passe quand ? ça se passe où ?...)

-         L’utilisation abusive des ralentis sur tout et n’importe quoi (la sueur de Goku/une goutte d’eau/goku évitant des barres de fer)

-         Etre paumé dès le début

 

 

 

 

Le tour du monde en 80 secondes

 

Si vous pensiez que nous avions déjà touché le fond alors accrochez vous bien car ça ne fait que commencer. La phase de recherche des boules de cristal est certainement la pire partie du film. Les scènes inutiles s’enchaînent à un rythme effréné ne laissant pas une seule seconde au spectateur pour digérer l’horreur qu’il a pu voir deux secondes plus tôt. Sur son lit de mort Gohan prévient son petit fils que Piccolo est de retour et qu’il doit rapidement réunir les boules avant lui et en parallèle rendre visite à Roshi pour parfaire son entraînement. Le jeu de Justin Chatwin qui atteint ici un sommet dans la médiocrité, mais passons. Dans la foulée voilà que débarque Bulma avec son radar tout droit sorti de Ghostbuster et son gros fusil à plasma. Son but ? Trouver les Dragon Ball et les utiliser pour faire une énergie propre. (C’était la minute écolo du film.)  Après un combat sans intérêt, elle abandonne son idée et rejoint Goku dans sa quête de Shenron. De l’interaction entre leurs deux neurones va naître une idée phénoménale. Pour trouver Roshi il faut .... consulter le bottin ! Malheureusement pour eux c’était une mauvaise idée. Il n’est pas référencé.

 

Guidé par la position d’une boule, ils tombent sur lui par hasard dans une vielle maison abandonnée au cœur d’un cratère lui-même perdu au milieu des gratte-ciels. (Magnifique métaphore de l’île désertique, n’est ce pas ?) Une dizaine de mouvements de techtonik plus tard et un « tu n’as pas assez confiance en toi » les voilà tous partis vers un endroit lointain où les grands guerriers sont sensés s’entraîner. Il faut comprendre dans le désert et au milieu des cailloux. Et sur qui ils tombent ? Chichi. Bah oui, y a une histoire d’amour à faire avancer bordel! A peine trois mots d’échangés et les voilà repartis et manque de chance ils tombent dans un trou creusé par Yamcha. Les menaces fusent mais pas le temps de discuter, il y a une boule cachée en profondeur et comme par hasard Yamcha possède une foreuse. Directos le centre de la Terre et ses rivières de lave. S’en suit un combat mémorable entre tout ce petit monde et les sbires de Piccolo qui vous fera penser avec nostalgie aux Power rangers (ou pas). Après une si dure journée ils repartent tous se reposer dans un temple. C’est l’occasion d’assister à des scènes d’une rare stupidité comme la démonstration du Kame ... Hame ... Ha ... ou encore le jeu sexuel entre Chichi et Goku visant à lui donner confiance en lui. Après une attaque éclair ou Mai vole les Dragon Ball (quelqu’un s’est demandé où elles les a mise à ce moment là ?) ils partent tous à sa poursuite. Voilà qui clos cette seconde partie.

 

Ce que l’otaque n’aimera pas :

-         Le Kame ... Hame ... Ha ... qui guérit

-         Le Kame ... Hame ... Ha ... qui allume les bougies

-         Yamcha

-         La relation Yamcha/Bulma

-         Bulma pas farouche

-         L’utilisation des fulums pour faire un pont dans la lave

-         Les références au manga inutiles et mal intégrés

-         Ozaru : le chien de Piccolo

-         La machine servant à créer les fulums

 

Ce que le cinéphile n’aimera pas :

-         La surenchère de flash-back ou forward. On ne sait pas et on ne saura jamais.

-         Les ellipses qui rendent le tout incompréhensible

-         Les grosses incohérences

-         La prophétie qui sert à tout justifier

 

 

 

Street Fighter

 

Le moment tant attendu est arrivé ! Le combat final opposant Goku à Piccolo va enfin avoir lieu. Teasé par les multiples images d’explosions phénoménales qui pullulaient dans les deux premières parties je m’attends à quelque chose d’assez grandiose pour remonter le niveau du film. Mais finalement...

 

Grâce au radar, Goku, Roshi, Yamcha et Bulma arrivent enfin au temple des Dragon Ball où Piccolo est sur le point d’appeler Shenron. A la dernière seconde, Yamcha l’en empêche en défonçant l’autel avec son 4x4 volant (véridique). S’en suit un petit échange de vague de feu entre Roshi et Piccolo. Enragé, Batman, invoque une éclipse et Goku se transforme en loup garou. ...... Fake ! .... Il se transforme bien en Oza ..... Ah mince ça marche pas là. Le monstre pourchasse alors ses amis et fini par tuer Roshi (exit le sage immortel du manga). C’est là qu’il se souvient de la devise très sage de Gohan : « la seul règle, c’est qu’il n’y a pas de règle ». C’est ainsi qu’il reprend sa forme normale. Le combat final s’engage enfin ! Cette fois Goku a confiance en lui. Les deux s’envolent et échanges quelques coup puis Goku fini par charger son Kame .... Hame ... Ha. Il le lance, s’envole plus ou moins avec et tue piccolo. Le tout à du durer 40 secondes.

 

Bon, à ce moment là il ne reste plus qu’une chose qui peut un minimum sauver le film du naufrage total. Il est temps pour Goku et les autres d’invoquer Shenron pour ressusciter Roshi. Dommage pour les centaines de morts causées par Piccolo. Là encore c’est la déception. Le dragon ressemble plus à un gros hippocampe de lumière qu’à un Ryu. Tout le monde est content et Goku décide d’aller rejoindre Chichi aux tournois des arts martiaux. Fin.

 

Ce que l’otaque n’aimera pas :

-         « Il n’y a qu’une seul règle, c’est qu’il n’y a pas de règle »

-         L’Ozaru de 2m pas plus

-         L’absence de combat final

-         Shenron

-         Les capsules qui peuvent servir d’attaque (attention ou je t’envois ma moto en pleine face !)

-         Mai tuée par un coup de fusil laser dans le dos (bravo le message pour les enfants)

-         La mort de Piccolo

-         L’éclipse

-         Ozaru n’a pas de queue

 

Ce que le cinéphile n’aimera pas :

-         Les FX datant du siècle dernier

-         L’image de fin cheap

-         La transformation d’Ozaru en flash

-         Le manque de maîtrise total du scénario

 

 

Vous l’aurez compris, ce film n’est à mettre entre toutes les mains. Au-delà de la mauvaise adaptation, cette chose arrive à faire honte à l’œuvre originale mais aussi au genre cinématographique dans son ensemble.

 

 

 

 

Pour conclure ce billet voici quelques conseils à respecter pour survivre à la séance.

 

-         Il est indispensable d’y aller en groupe de fans. Tout d’abord pour ne pas vous sentir seul lorsque vous hurlerez « Putain ! » dans la salle mais aussi pour veiller à ce que son voisin ne tente pas de s’ouvrir les veines avec son ticket.

-         Il faut être amateur de nanars et en avoir une bonne culture pour arriver à déceler des points positifs. Mon conseil est de voir Dracula 3000 juste avant. Après ça même Street Fighter The movie vous semblera être un chef d’œuvre.

-         Prévoir sopalin et sacs en papier pour les plus fragiles.

-         Oublier ses lunettes volontairement. De toute façon l’intégralité du film est floue.

-         Etre prêt à faire une croix sur tout ce que représente la licence à vos yeux.

 

 

Pour finir, avant d’aller le voir, intégrez bien que RIEN ne vous y a préparé. Même avec l’idée en tête que ce sera la bouse du siècle et bien vous serez tout de même déçu. C’est la que réside la grande force de Dragon Ball Evolution.