Baten Kaitos Origins, abrégeons Origins pour des raisons de flemme évidente, est un card-RPG (j'y reviendrai) et également l'un des derniers jeux de la console, non sorti en Europe bien évidemment. Il s'agit en réalité d'une suite (chronologiquement IRL), ou plutôt d'un préquel (chronologiquement in-game) au jeu éponyme sorti sur la même console (en Europe aussi !) quelques années plus tôt : Baten Kaitos, amoureusement sous titré "les ailes éternelles et l'océan perdu".

Pour la petite histoire, le monde tel qu'on le connait n'existe pas. Pas de terre, pas de mer, et, pas de ciel. Pourquoi ? Parceque les hommes, depuis des temps reculés, vivent désormais dans les nuages (au sens propre), sur quelques lopins de terre flotants. Dans l'un ou l'autre des jeux, vous incarnez un esprit lié à un jeune garçon, héros de l'histoire, à qui vous serez force de bons conseils. Protagoniste qui se retrouve toujours mélé à une histoire de fin du monde suivant de fortes tensions géopolitiques entre royaumes, empires et coins reculés de la campagne. Certes, c'est pas nouveau, mais c'est un peu la signature de nombre de RPG orientaux.

Voilà pour cette - bien longue - introduction. Maintenant, je vais me concentrer sur le deuxième opus de la saga : Origins. L'histoire de celui-ci se déroule 20 ans avant celle du premier volet. Ainsi, le joueur du premier volet sera ravi de croiser quelques protagonistes de l'histoire du premier jeu, qu'ils soient gentils ou méchants. Je ne suis pas assez avancé dans le jeu pour savoir à quel point son histoire influencera celle de Baten Kaitos, mais il est à noté que pour l'instant, le passé reste très cohérent. A tel point que l'on retrouve des paysages que l'on a déjà croisé dans le premier jeu ("oh, mais je connais déjà cette ville !"), et que les développeurs ont gagné pas mal de temps au niveau des décors. On redécouvre donc pas mal d'endroits qu'on a déjà visité (ou pas), comme la cité impériale Mintaka, ou les routes de nuages de l'ile Diadem.

Pour ce qui est des personnages jouables de cet opus, il sont seulement au nombre de trois (2 fois moins que dans le premier) : Sagi, le "spiriter" (qui parle au joueur) ; Guillo, une marionette mécanique au comportement humain bien mystérieux, et Milliarde AKA Milly, une bourgeoise qui joint le groupe par envie d'aventure. Si le nombre de personnages rends impossible le changement de combattants (dommage, ou pas), ils n'en sont pas du moins très attachants. Entre le héros au grand coeur qui veut aider la veuve et l'orphelin (au sens propre du terme ici encore) même si pour cela il doit assassiner des gens, la machine super puissante qui perds tout contôle face à certains monstres et la sainte-ni-touche qui passe son temps à se fritter avec la marionnette, on a là un trio de protagonistes très attachant.

Passons maintenant au système de combat, ce qui expliquera la classification card-RPG du jeu. Après avoir choisi de combattre (ou d'avoir perdu à la course) contre les mobs sur le terrain, on retrouve un aspect traditionnel du RPG : la combat au tour par tour, avec pas mal de paramètres qui entrent en jeu pour décider qui attaque quand. Cependant, on se passera du traditionnel menu de combat : pas d'options attaquer, défendre, magie, objet. Ici, tout est sous forme de carte, appelées Magnus. Lors d'une rencontre, les magnus de type combat seront utilisable : des armes, qu'il vaut mieux équiper au plus tôt pour faire (beaucoup) plus mal, des armures (pas besoin de faire un dessin) et des cartes d'attaque standard, de puissance plus ou moins grande. A celles là s'ajoutent les attaques spéciales, nécessitant des MP pour les lancer (gagnées à force de taper), des objets (soins par exemple), des actions spéciales (fuir) et des artefacts.

Ceux qui ont joué au premier opus se diront sans doute "ha, je suis un pro maintenant grâce à Baten Kaitos premier du nom !". Mais ils auront faux. Le système de combat à été grandement refondu (ils disent simplifié... mon cul), et nécessitera une bonne heure d'adaptation aux anciens : quand vient son tour, on choisi ses cartes, mais attention, il faut faire des suites croissantes, grâce au nombre spirituel affiché sur la carte : 0 pour l'équipement, de 1 à 3 pour les attaques, 4 à 6 pour les attaques spéciales (dans le premier, l'ordre n'importait pas, et il y avait des bonus pour les paires et les suites continues) ; et le tout dans une limite de temps de quelques secondes. Pas de tour de défense, il faudra penser à s'équiper très rapidement d'une armure, car les ennemis tapent fort. Très fort.


Autre différence par rapport au premier volet, dans Origins, tous les personnages se partagent un deck de cartes qu'ils pourront utiliser dans le combat. On est donc obligé de bien souvent adapter celui-ci au type d'ennemi que l'on rencontre : ajouter des soins pour les boss, upgrader les cartes, etc. Celà contribue à quelques subtilités au niveau des combats, qui ne se résument pas à simplement équiper-attaquer-défoncer la tronche. Non, désormais entrent en jeu deux principes :

- Les relay combo, qui permettent, si le joueur précédent termine son tour par une attaque spéciale, d'enchainer avec une autre suite si un coéquipier est prêt. Ce qu'on y gagne ? ça tape plus fort et on peu lâcher la manette quelques secondes. Avec ceux-ci, on peut enchainer, pour peu que les cartes arrivent dans le bon ordre, une bonne 15aine d'attaques ;

- les Ex-combo : il s'agit, pour un seul personnage, d'une suite spécifique de carte, qui attribue également des bonus non négligables : soins, dommages... A noter qu'un Ex-combo peut être lancé avec deux cartes, ce qui fait que l'on peut arriver à 3-4 Ex-combo lors d'un seul relay-combo. Et là, l'ennemi souffre.

Tout celà sans compter quelques autres subtilités habituelles du RPG : les éléments (feu, glace & co), les altérations d'état, et, ici, le classement de cartes ! En effet, les cartes arrivent dans un ordre aléatoire, et on peut choisir dans un maximum de sept cartes. Du coup, remettre en pioche celles qui ne sont pas intéressantes dans l'immédiat devient vite une habitude.

Mais le jeu ne se résume pas au combat, et les magnus se révèlent utiles sous une autre forme : les magnus de quête. En fait, j'aurais déjà du commencer par décrire ce qu'est un magnus. Cette carte contient en réalité l'essence d'un objet (et plus si affinité). Du coup, ils se révèlent très utiles lors de la progression dans les donjons et quêtes. On se retrouve ainsi à capturer l'essence de choses aussi invraisemblables que la chanson foireuse d'un homme, ou qu'un nuage permettant de débloquer l'accès à la zone suivante.

Et puisque je parle de magnus de quête, je peux également parler des quêtes en elles-même. Outre l'aventure principale, il existe différents types de quêtes : les "standard", qui se résument généralement à trouver un objet et à le ramener sous forme de magnus ; la récupération des magnus de Sedna, une ville transformée en cartes (qui remplace un peu la recherche des constellations du premier volet) ; et l'arène, qui permettra de débloquer pas mal de choses et de taper quelques monstres en enchainant les combats.

Sur le papier, le jeu se promet une durée de vie de 60h minimum. Etant donné que le premier à tenu la même promesse, je ne pense pas avoir à me faire de soucis là dessus, d'autant que les quêtes annexes et l'aspect collectionnite de cartes permet de rallonger légèrement cette durée. Et il faut ajouter aussi que la bande son est tout simplement excellente : signée Motoi Sakuraba (certains Tales of, Eternal sonata, star ocean, etc), qui ne se contente pas de remixer les morceaux du premier jeu. Certains pistes de la bande son sont donc tout simplement magnifiques.

Et pour la question finale : faut-il avoir joué à Baten Kaitos avant de jouer à Origins ? La réponse est simple : non. Même si certains éléments de l'univers n'ont pas l'air d'être expliqué dans Origins (pourquoi vivre dans les nuages, pourquoi les gens ont des ailes), le jeu se suffit à lui même et ne nécessite pas de parcourir le monde du premier jeu. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas y jouer !